Le sentier des visions célestes

Amicale des Anciens de L’OMM, Bulletin 3, Novembre 2005

Le sentier des visions célestes

Par Naginder Sehmi

(trad. Liliane Perry)

Tous ceux qui sont entrés au Valais en venant du Léman ont été impressionnés par le promontoire rocheux qui se dresse sur la gauche, à l’endroit nommé ‘coude du Rhône’.  C’est l’entrée dans le Valais central.  C’est aussi une réserve naturelle: Les Follatères, une région protégée dont les sentiers sont balisés par une trentaine de panneaux.  Au bénéfice d’un climat déjà méditerranéen, ses merveilles consistent en plus de 200 espèces végétales du sud et de l’orient, ainsi que d’insectes, d‘oiseaux et de reptiles rares.  On y trouve les premières fleurs en février déjà, et elles sont à leur apogée à la fin du printemps, au chant des rossignols.

C’est à cette époque qu‘un groupe de l’Amicale partit de bonne heure le matin du vendredi 3 juin 2005.  A 9h nous avons laissé les voitures au pont de Branson.  Nous nous sommes approchés du bus jaune en attente, anxieux de le retenir jusqu’à l’arrivée de nos guides, Liliane et Robin.  Magnifique précision anglo-suisse, ils arrivèrent tranquillement d’un autre bus, et le nôtre s’ébranla: il n’attendait qu’eux.  L’étroite route du bus slalomait le long des rives du Rhône à travers des vignes verdoyantes, ponctuées de villages ensoleillés et de forêts luxuriantes.  Une demi-heure plus tard, le bus nous déposait dans le charmant village de Dorénaz, situés au pied d’une paroi rocheuse.  Nous avions le temps de savourer café et croissants avant que le téléphérique de 10h emporte notre groupe à 520m au-dessus du Rhône jusqu’aux hameaux de Champex et d’Allesse.

Un soleil brillant dans un ciel bleu et une légère brise matinale ont rafraîchi et aiguisé les esprits impatients de suivre le sentier-nature des Follatères.  Avec sa patience bien anglaise, Robin nous avait fait poser pour une photo sur fond de télécabine rouge.

Décrire les détails d’une marche peut devenir peu intéressant.  Cependant, des objets et incidents qui restent imprimés dans la mémoire sont une joie pour toujours.  L’image d’un âne doux et sage sur les panneaux nous indiquait ‘La voie des visions célestes’.

donkeyLa descente, en grande partie à l’ombre des bois de conifères, épargna nos genoux et chevilles grinçants.  Liliane, notre expert de la flore, attira notre attention sur ‘la fleur de Jupiter’ (silene flos-jovis).  Le ciel et la terre semblaient se rencontrer ici.  Elle nous montra des vipérines, des céphalanthères blanches, laitues vivaces et beaucoup d’autres qui m’échappent.  Images de toutes couleurs et d’une multitude de formes: étroites, cloches, globes, rubans.  A notre droite, chaque ouverture dans la forêt révélait à nos pieds une nouvelle vue impression­nante de la vallée du Rhône, avec le fleuve canalisé au milieu des près verts, des vergers et des vignes, dominée par des sommets enneigés, sculptés par des vallons profonds, quelques-uns crachant de brillantes cascades.

Peu après midi, nous nous sommes trouvés sur le promontoire même.  Perchés sur cette croupe nous avons joyeusement partagé notre pique-nique, tout en appréciant le panorama de ce fameux coude du Rhône s’étirant sur des kilomètres en amont et en aval, la zone industrielle de Martigny gâchant quelque peu cette image paradisiaque.  Les arbres de la forêt à cet endroit n’avaient pas l’air en très bonne santé!  Est-ce à cause des changements climatiques?

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Sur le sentier des Follatères en présence de Silène fleur de Jupiter

Nous sommes au milieu des Follatères.  De là le sentier se divise pour d’autres points de vue tels que Jeur brulée et Tassonnières.  Le dernier panneau avec l’âne guida le groupe hors des bois et dans un vignoble.  Le soleil qui avait semblé si agréable précédemment devenait brûlant.  Le sentier caillouteux devint herbeux, puis la route poussièreuse.  Chacun était soulagé d’arriver au village de Fully et de jouir de boissons raffraîchis­santes.  Un autre car postal nous ramène à nos voitures, alors que nos chefs de groupe reprennent le train.

Cette magnifique réserve naturelle convient aux amoureux de la nature, aux familles avec enfants aussi bien qu’aux marcheurs expérimentés.

Découverte du talent journalistique de Naginder …

Un article ‘La seule aide valable à l’Afrique est la création d’emplois’ de Naginder Sehmi a été publié dansLe Temps du mercredi 21 septembre 2005.  Il y affirme que, tout comme dans les pays riches, l’objet principal de l’aide aux pays pauvres doit être la création d’emplois.

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…de même que de son talent de griffonneur !!!!

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