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Une religion pour le monde Made in Switzerland

Naginder S. Sehmi (Genève, Suisse)

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PARTIE 4 – LAISSEZ-NOUS CRITIQUER

4.1 Une religion de l’Occident

Les religions sont venues d’Orient, y compris le christianisme. En diffusant la nouvelle image de Dieu utilisant le concept de VIETE (énergie Vitale’, Informations – Interactions - Interdépendances, Eternel, Tout-puissant, et Ecoulement = Flux), l’Occident a une grande chance de  fournir au monde sa propre religion. Adoptant un esprit critique sans  provoquer une révolution, nous pouvons mettre fin à la divinisation de l’homme, l’humanisation du divin, la souveraineté d’anciens Dieux ayant pris forme humaine, les interprétations fanatiques des textes sacrés et des traditions anachroniques. De tels  attributs négatifs  ont augmenté notre croyance en l’homme, nous éloignant de VIETE.  La société européenne a perçu les défauts dans les pratiques et les traditions chrétiennes et a fait un progrès important vers la spiritualité en adoptant une attitude ouverte envers les autres pensées, cultures et traditions. Nous vivons dans un boom spirituel. Les peuples ont été influencés et impressionnés par d’innombrables œuvres romanesques religieux-ésotériques comme celles de James Redfield (La prophétie des Andes), Bernard Werber (Le père de nos pères), et Paolo Coelho (l’Alchimiste) qui sont fondées sur le concept de VIETE. Ils nous ont conduit subtilement vers le Flux, le Dieu moderne et universel.

Les origines de l’universalisme occidental commencent dans la culture gréco-romaine, passent par des personnages comme Erasme, jusqu’aux connaissances scientifiques actuelles. La lumière de cette connaissance a aidé l’Europe à instaurer les concepts de démocratie, liberté de penser et raison, faussement attribués à la chrétienté. La réplique au dogme chrétien et la compréhension  des pensées africaines, orientales et chamaniques  a occasionné l’appréciation des valeurs relationnelles, de la cohésion sociale et des valeurs non matérielles.  On ne cherche pas la vérité dans la religion, mais dans les révélations scientifiques, écologiques et psychologiques.

Mon image de Dieu sous forme de Flux et VIETE nous conduit au-delà de l’hypothèse de Dieu comme moyen servant à voiler le fait que l’homme est le  créateur et le maître des normes.  La tâche de VIETE n’est pas de maintenir la cohésion sociale humaine,  mais celle de l’équilibre de l’ensemble des êtres vivants et non-vivants. La VIETE nous offre la possibilité de sortir du flou de la définition de Dieu et d’être scientifiquement plus précis et théologiquement correct. Il n’est pas nécessaire de prouver l’existence de Dieu ou d’Allah.  

Un dogme entraîne une pratique au nom d’un Dieu fixe et archaïque. Par contre, Dieu en VIETE est vivant et dynamique, tel que mon image de Dieu. Chaque brin de nouvelle information que nous acquérons améliore notre image de Dieu. C’est pourquoi le niveau de notre croyance peut être mesuré et quantifié par rapport aux interactions avec la VIETE. Il n’est pas nécessaire d’invalider les techniques spirituelles existantes. Un individu peut s’instruire et se sentir de plus en plus en la VIETE en pratiquant n’importe quelle discipline: science, méditation, prière, service, sauvegarde de l’environnement ou amour des êtres vivants. Nous avons l’occasion de placer le progrès et la société dans un rapport rationnel avec notre milieu. Nous pouvons ainsi freiner la dénonciation exagérée de désillusion du progrès par les religions. En même temps nous pouvons stopper le recours au fanatisme. Progressivement, nous pouvons agrandir notre vision et nos actions dans tous les domaines, notamment politique et sociologique, et se focaliser ainsi sur tous êtres vivants et leur milieu, au lieu de se cantonner aux  humains.

4.2 Environnement, religion et effondrement de la société

J’ai reçu comme cadeau de Noël inattendu le livre de Jared Diamond, Collapse (Viking, 2005) maintenant disponible en français («Effondrement », Gallimard) dont j’ai terminé la lecture après avoir écrit les trois premiers chapitres. Heureux hasard ! Le livre expose les interactions et l’interdépendance entre l’environnement et les sociétés humaines anciennes et modernes. Les sociétés qui n’ont pas réussi à s’adapter aux éléments et aux ressources de leur milieu, rivées à des  traditions sociales et religieuses inadaptées, ont péri pour toujours. Ce résultat est parfaitement conforme à mon image de Dieu qui est la VIETE.

Les sociétés du passé qui s’adaptaient à  la VIETE en tenant compte des ressources de leur milieu ont survécu. Lorsqu’une société entière est au point de s’effondrer ou en détresse parce qu’elle a ‘blasphémé’ sa partie de la VIETE,  les pratiques religieuses ont évidemment fourni peu d’assistance si ce n’est qu’un soulagement provisoire d’ordre psychothérapeutique et moral. La religion indigène contraignante  combinée avec le pouvoir politique, était une des causes principales de la effondrement d’une société.  La religion  ne pouvait pas aider à prendre des mesures pour restaurer le milieu, épuisé par les humains. Elle ne servait qu’à sauver les âmes survivantes s’il y en avait !

La religion, la culture, et les traditions importées d’autres milieux ont empêché la survie. La transplantation d’une religion dans un autre milieu ou la conversion des peuples à une religion et un mode de vie importé perturbent l’équilibre social durement acquis. Les missionnaires ne sont pas sensibles au tort engendré sous  forme de conflits, haines, guerres, génocides tous au nom de Dieu. Les chefs religieux installés confortablement à  des milliers de kilomètres, à Rome, à La Mecque, à Londres et à Paris contrôlent la vie spirituelle des indigènes en Amérique, en Afrique et en Océanie. Lorsque les chefs religieux détournent les lois spirituelles pour acquérir du pouvoir, la société finit inévitablement dans le désordre et s’effondre. Imprégnée d’une croyance absolue et inflexible  (dans ce sens, le communisme est une religion), la société est incapable de :

  • Anticiper un problème grave découlant d’un dommage à l’environnement ;
  • Prendre conscience de l’existence du problème ; 
  • Trouver les moyens de résoudre le problème dès sa détection;
  • Aboutir aux efforts nécessaires pour résoudre le problème ;

Accablé par les problèmes, la société laisse derrière elle comme témoins de sa folie religieuse, des squelettes d’églises au Groenland, d’énormes bustes de pierre sculptée à l’île de Pâques, des villes et des grottes des Anasazi au Nouveau-Mexique, des pyramides Mayas au Yucatan, le génocide au Rwanda et actuellement en Somalie et au Darfour. Dieu et ses anges archaïques étaient incapable de les aider. Ces sociétés n’ont pas su apprendre que le milieu est le vrai Dieu, et qu’en le meurtrissant cela invitait au suicide collectif. En bref, le comportement humain malsain par rapport au milieu n’est pas conforme à la VIETE, la Réalité. Les prières et la méditation soulagent les individus, mais elles seules ne nous épargnent pas de la décadence. La croyance aveugle engendre une société passive qui attend que le Tout-puissant résolve le problème. Les pensées religieuses dogmatiques et archaïques nous amènent au désastre à moins que  nous ne l’accordions avec la VIETE.

Les sociétés des îles Tikopia et de l’Islande sont des modèles de réussite parce qu’elles ont géré leur milieu selon les besoins actuels et futurs. Elles ont compris la nature de la VIETE. Sans éducation moderne elles ont appris de leurs erreurs et rectifié leurs comportements par rapport au milieu et ont ainsi survécu dans des conditions environnementales difficiles. Le fait le plus remarquable est que les Tikopians ont démocratiquement pris la décision de limiter leur expansion démographique en fonction de ressources disponibles. Par contre, les Mayas liés à leurs traditions, ont laissé la population croître pour construire leurs pyramides sacrificielles au mépris des ressources naturelles.

Le monde souffre encore de l’héritage des événements du passé, concentrés sur la rivalité religieuse qui rend les sociétés insensées: les croisades, la chasse aux sorcières, les djihads, les guerres de religion, l’Inquisition et les conversions forcées. Un bon nombre de sociétés est encore obsédé par une telle paranoïa. Actuellement, la différence réside dans le fait que le système de diffusion rapide de l’information avertit le monde entier de la fausseté et du danger de ces humains  qui veulent nous éloigner davantage de la VIETE.

4.3 Les nouveaux émissaires de Dieu

La santé du monde et tout ce que cela sous-entend dépend de l’influence des connaisseurs de la VIETE : environnementalistes,  sociologues,  écologistes, naturalistes, scientifiques, humanistes, archéologues philosophes, botanistes, zoologues, médecins, et un grand nombre des femmes. Cependant il existe des  politiciens sages dont l’amour s’étend au-delà des humains. Par contre, les chefs des Religos ne revendiquent que la partie humaine du Flux. Ils sont incapables de nous conduire vers la VIETE parce qu’ils ne veulent pas perdre leur hégémonie sur l’âme des humains.  L’amnésie, une érudition anachronique et féerique, rêvant de l’âge d’or imaginaire qui n’a jamais existé, les empêche de reconnaître que la société a changé et leur Dieu n’est plus le même.

Une grande majorité de la société chrétienne a subi une mutation spirituelle éclairée. Les églises peuvent être vides mais la spiritualité s’est épanouie parmi toutes les classes. Les chefs religieux ne s’opposent plus aux critiques de la religion.

L’Occident a donné un souffle de fraîcheur à la demande spirituelle.  Les découverts scientifiques et philosophiques nous permettent de mieux comprendre les écrits religieux. Maintenant que nous sommes équipés de connaissance des sages Occidentaux et  soutenus par le formidable moteur médiatique, il est l’heure d’affronter les institutions et les individus fondamentalistes qui affirment que la vérité a été enseignée une fois pour toutes par Dieu ou par ses prophètes, qu’elle a été consignée dans un livre et que nous ne devons rien y changer. Ces écrits doivent cependant être révisés et réécrits.

Ceci est nécessaire pour résoudre les conflits provoqués par une mauvaise interprétation des traditions provenant de la pratique religieuse. Avec espoir, les peuples éviteront le dogme, la conversion forcée et le racolage. En l’absence d’incrédules, la psychose d’être étranglé sera soignée. Cette approche affaiblira les superstitions, les démons, les anges, les dieux et déesses. Les communautés immigrées auront le courage de résister aux  appels des extrémistes qui veulent implanter et sauvegarder leur culture dans milieu Occidental contre la nature qui est la VIETE.

Le salut ou le nirvana existe seulement dans homéostasie :  équilibre entre le milieu intérieur et le milieu extérieur, équilibre entre l’espèce humaine et toutes les autres formes de vie, tous étant partenaires dans le même milieu.  L’union de l’énergie vitale personnelle (l’âme) avec l’énergie vitale de VIETE (l’âme divine) offre une image pragmatique du salut ou la joie de l’extase recherchée par toutes les religions. A moins que les chefs religieux ne soient courageux et coopèrent avec les nouveaux émissaires de Dieu, les humains mettront notre planète à sac et ne pourront pas sauver Dieu de la potence du bourreau humain. Cette fois, ce sont les humains qui crieront d’une voix forte, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu : 27)

4.4 La survie

Notre société globale est sur un chemin intenable, qui a été suivi par les Sumériens, Mayas, Harapans, Australiens dans le passé, et actuellement par les Ouzbekes, Rwandais et Kenyans. Les nouveaux émissaires de Dieu  sont d’avis que l’humanité est assise sur une bombe à retardement. Dans 50 ans la société globale aura détruit la nature, les forêts,  la vie marine qui nourrit le tiers de la population, brûlé le pétrole et le gaz  naturel facilement disponible et dépassé le seuil photosynthétique. Il est difficile, si non impossible, de dire comment le Dieu traditionnel et ses ouailles Religos vont nous secourir. Par contre, les nouveaux émissaires de Dieu, qui comprennent la VIETE  et le gèrent sagement sont nos guides spirituels fiables. Néanmoins, ils doivent faire face à deux ennemis redoutables : ceux qui sont en train de détruire notre milieu et les Religos qui sont armés uniquement pour protéger leurs traditions. Notre survie dépend directement des nouveaux émissaires de Dieu  qui font leur possible pour éduquer les Religos mal guidés sachant qu’ils ont l’habitude de traduire leur sensibilité par une confrontation politico-religieuse et par la haine.

4.5. Spiritualité et communautés immigrées

Les institutions religieuses établies en Occident par des communautés immigrées sont d’origines culturelles très variées. Elles se sont propagées très rapidement. Toutefois tout ce qui brille n’est pas d’or. En principe, elles ne servent que les besoins sociaux et religieux communautaires internes. Souvent les chefs religieux sont très traditionalistes, se limitent à célébrer des cérémonies rituelles et à se soumettre aux  dogmes. Parmi eux les personnes instruites sont rares.  Ces institutions ne sont pas aptes à favoriser l’expansion de la spiritualité orientale en Occident.

Par exemple, un cas récent en Suisse est révélateur. Deux groupes Sikhs rivaux organisent les fêtes religieuses de manière similaire. Le Sikh Stiftung (Schweiz) a construit un beau temple dans la zone industriel de Lotzwil (Langenthal), qui ne compte que trois familles sikhes. Pour les dirigeants de l’autre groupe, le but le plus important est de construire un autre temple dans le même quartier. On constate le même phénomène en Grande Bretagne. A Birmingham, on parle de 200 temples sikhs dont 30 sont listé sur Internet.  Les communautés Sikhes dans toutes les agglomérations ont dépensé des ressources énormes pour construire des temples pour ainsi sauvegarder et perpétuer les traditions, mais rien sur la recherche et les études spirituelles et théologiques. Leur spiritualité est morale ; ils échouent lamentablement du point de vue pratique au niveau de la VIETE. L’environnement, la nature, la communauté, la survie des êtres vivants, le monde, et l’univers ne les concernent pas. Les mosquées, les temples et les gurdwaras ont remplacé les églises, mais les dirigeants se consacrent surtout à préserver les messages étriqués, délivrés par les traditions, les symboles, les rites, les habits et uniformes.

Pendant les périodes de bouleversement sociopolitiques, les croyants héritiers d’un esprit ouvert s’accommodent de la souffrance sans déprimer afin de rétablir la situation. Par contre, les extrémistes, minoritaires, réagissent souvent rationnellement pour satisfaire leur besoin d’acquérir pouvoir et prestige,  au détriment de la majorité, qui ne le remarque même pas ou l’ignore totalement, sans discerner l’érosion sournoise  de leurs valeurs spirituelles et morales. Attendant que les autres réagissent, la majorité évite de s’impliquer. La majorité peut même tolérer les extrémistes parce qu’elle ne se trouve pas concernée, négligente, souffrant du ‘dilemme du prisonnier’ (syndrome de Stockholm) ou espérant profiter en cas de réussite de la minorité.

Souvent je me demande s’il y a des différences entre une société athée et les Religos. Une image inoubliable et déchirante reste gravé dans mes pensées. Les premiers jours après la chute du dictateur communiste en Albanie, je me trouvais à Tirana logé dans un hôtel rempli de mollahs et de missionnaires chrétiens américains. Le soir au restaurant le groupe chrétien chantait à voix haute  les prières avant le repas, pendant que mollahs et le reste des hôtes les observaient avec des expressions variées : approbation, curiosité, étonnement, amusement, mais surtout malaise. J’ai vu les conditions de vie déplorables  des Albanais dans les villes et les campagnes. J’ai eu le souffle coupé lorsque j’ai lu des banderoles posées en  travers des routes,  annonçant en anglais : « JESUS HAS COME TO SAVE YOU »  (Jésus est venu pour vous sauver) incompréhensible pour la  grande majorité des Albanais dépossédés de tout. Les religieux étaient arrivés bien armés pour déclencher l’effondrement d’une société qui était économiquement appauvrie mais spirituellement riche.  Sous le régime communiste les lieux de culte avaient été détruits ou fermés et les personnes de croyances différentes se mariaient librement.

Je me demande si les représentants de religions ne sont pas coupables d’avoir contribué à l’aggravation de la situation dans les Balkans. Pourquoi les religions dites civilisées ont-elles versé autant d’huile sur le feu ? Ni les Religos ni leurs prophètes ou gurus, que ce soit Bouddha, Moïse, Jésus, Mahomet, Ram, Krishna, Nanak, Dieu, Allah ou Waheguru, n’ont pu arrêter le génocide et le déchirement désastreux dans les  Balkans. Une fois de plus, les valeurs Religos l’ont emporté sur les valeurs humaines. Est-ce que les porteurs des messages bibliques et coraniques vont-t-ils continuer à exterminer les valeurs humaines et la sagesse spirituelle de la VIETE  tenu par des tribus en Amazonie, au Venezuela, au Congo, en Nouvelle Guinée et en Australie ?  Il dépend entièrement de nous de sortir de l’égarement spirituel et  de la psychose comportementale  sociale. Aucune force extérieure ne nous n’a jamais aidé dans le passé ;  n’attendons pas une telle aide maintenant.

4.6 Mondialisation spirituelle

Le défaut primordial des religions est qu’elles ont complètement raté la mise en œuvre de leur objectif principal : instaurer la paix et l’amour entre les êtres humains. Les chefs religieux et leurs ouailles pensent que leur Dieu nébuleux  utopique est censé résoudre tous les problèmes. Il y a ceux à la conviction obstinée qui veulent convertir le monde entier à leur croyance en utilisant n’importe quel moyen. Ils veulent ignorer  que dans leur propre pays l’amour et la paix n’ont existé que pour de courtes périodes. Au sein d’une même foi règnent tueries, destruction de lieux de culte, iconoclasme, et persécution. Ils peuvent prétendre que l’Occident ne comprend pas leur religion et leur culture ; mais le contraire est vrai. Ce sont les occidentaux qui ont traduit et analysé leurs textes sacrés et ont les propagé dans le monde. Il y a autant, si ce n’est pas plus de connaisseurs du sanskrit en Europe qu’en Inde. La ville de Zurich a plus de centres de méditations et de yoga  par personne que dans les villes indiennes.

Lorsque nous sommes  confrontés à la diminution des ressources  naturelles et à la dégradation accélérée de l’environnement,  ni les prières, ni les pratiques religieuses, ni la lecture d’écrits sacrés répétitifs  (la tradition sikh), ni les traditions millénaires ne fourniront de solution pour nous sauvegarder. La génération actuelle souffre d’indigestion de trop de religion inflexible, affamée de spiritualité.   La résolution des problèmes des sociétés humaines et des autres êtres vivants a toujours résidé dans l’éducation qui nous mène à la compréhension du Flux (VIETE) et à un comportement juste par rapport à l’environnement.  Ainsi nous avons appris quelles sont  nos valeurs traditionnelles à préserver, éliminant celles devenues inutiles dans le monde actuel. C’est la prière d’action qui va nous sauver et nous mènera à notre résurrection et celle de Dieu.

4.7 Quel avenir pour les religions?

Ceci n’est pas une thèse anti-religion mais une tentative pour démontrer que nous avons été des utilisateurs aveugles des traditions religieuses.  Il est essentiel que les religions ne se soustraient pas à l’épreuve de la critique.

Est que les sociétés avec une religion formellement institutionnalisée se comportent mieux  que celles qui n’en ont pas? Le monde islamique ? L’Inde ? La Chine ? L’Irlande ? Le Nigeria ? L’Europe ? L’Australie blanche et aborigène ? La Nouvelle-Guinée ? L’Amazonie tribale ? Globalement, il n’y a pas de différences spirituelles. Mais les différences sont marquées si on les juge par rapport au  niveau d’éducation  et par rapport à la VIETE. Ceux qui s’adaptent au milieu sont heureux.

La connaissance génétique a mis au jour la logique de la réincarnation et le karma que les hindous ont perverti  pour justifier le système des castes. Par contre, la pensée hindo-sikh nous enseigne que chaque animal est capable, si nécessaire, de transformer ses gènes lui donnant ainsi l’espoir de s’améliorer. 

En Suisse, avons-nous besoin de consulter Madame Soleil pour une prévision météorologique précise à long terme ou pour interpréter les prophéties obscures de Nostradamus relatives au futur ? Nous avons la capacité et le devoir d’interpréter les données et les informations anciennes et modernes pour prévoir l’évolution de la société humaine, en tant qu’élément du milieu terrestre et cosmique, et pour prendre des mesures contre son effondrement, catalysé par les pratiques obstinées de Religos mal instruits.

Tout d’abord les Religos  - ils ont beaucoup à apprendre afin d’être capables de sentir la résurrection de Dieu sur terre. Ils  doivent :

  • Guider la société pour qu’elle cesse de détruire l’habitat naturel, les ressources alimentaires, la diversité biologique en sauvegardant les bassins versantes, sols, forêts, plantes et animaux en se souvenant  que nos églises, temples, mosquées,  pagodes, gurdwaras, synagogues deviendront des ruines comme les pyramides, les temples mayas, les tours sumériennes, les ruines harrapan et les monuments romains, et que Dieu, nous connaissons, ne descendra pas pour nous aider parce que nous l’aurons déjà tué.
  • Gérer notre héritage naturel justement et sainement : c’est la vraie prière, la vraie méditation, la vraie charité, le vrai service de Dieu.
  • Arrêter le messianisme religieux, les conversions forcées et la déculturation de groupes ethniques vivant dans un environnement différent.
  • Reconnaître que le messianisme ne se manifeste pas comme le porteur du message de Dieu, mais comme la domination sur Dieu omniprésent et sur la culture d’une société par une autre, et que la politique religieuse fondamentaliste est une invitation à l’autodestruction et à la souffrance pour les autres.
  • S’adapter à la culture existante si nous venons d’une autre société parce  qu’il est impossible de changer un habitat sans provoquer la ruine de la culture et des traditions  des communautés indigènes. C’est un comportement contre la volonté du Dieu ancien et nouveau.   

A l’évidence, la situation actuelle n’est pas entièrement négative. Il faut admettre qu’il y a un courant assez fort surtout parmi les exploiteurs de ressources naturelles, qui nous nous amène vers la VIETE. Grâce à la pression de l’opinion  publique éduquée, ils ont compris que le  rôle et le destin des êtres humains sont dans la VIETE. Si les Religos arrivent à orienter leurs institutions dans ce sens, les humains peuvent résoudre les problèmes de leur survie  sans avoir recours aux guerres, génocides, famines et épidémies.

4.8 Vers le chemin de la Lumière

Il est essentiel que l’on donne aux peuples, surtout aux jeunes, les moyens de comprendre mieux et objectivement les différentes croyances qui ont stimulé les consciences depuis des siècles. Il me semble que la société moderne est plus consciente que jamais du besoin de s’organiser pour aider les communautés religieuses à prendre le chemin de la vie juste et à éradiquer le fanatisme. Il convient de:

  • Démystifier et mettre l’image traditionnelle de Dieu et une grande partie de l’enseignement religieux dans le contexte de VIETE et donner ainsi une dimension et une profondeur au concept de Dieu ;
  • Arrêter  d’accentuer l’anthropocentrisme, rechercher l’harmonie avec la nature et les êtres vivants, se fondre dans l’environnement et de faire corps avec ses éléments ;
  • Rectifier le malentendu que l’homme est supérieur à la nature et maître de celle-ci ;
  • Accepter la savane de l’Afrique comme le berceau des êtres humains et non l’arche de Noé judaïque du Moyen Orient ;
  • Diffuser la vraie spiritualité théologique et scientifique dans les lieux de prière, les écoles et les familles ;
  • Cesser de soutenir les institutions commerciales, nationales et internationales, et les  pays qui utilisent la religion pour opprimer les peuples (par exemple, le blocus commercial de l’Afrique du Sud qui a contribué au succès de la lutte contre le régime de l’apartheid) ;
  • Appuyer les actions des environnementalistes qui encouragent le public à acheter des produits non nuisibles à l’environnement, obligeant ainsi les producteurs de s’adapter à cette nouvelle exigence ;
  • Faire plier les autorités religieuses obstinées  pour qu’elles satisfassent la demande spirituelle d’une communauté moderne ;
  • Convaincre le Pape Benoît XVI pour qu’il corrige sa vision de la spiritualité que « toute vie humaine est sacrée et inviolable de sa conception à sa fin naturelle » à celle que « toute vie est sacrée… » ; être pro vie et non  pro vie humaine  seulement;
  • Instituer des procédures afin d’arrêter d’une part la violation de la spiritualité réelle et d’autre part perpétuation de la haine en éliminant l’abus de pouvoir détenu par les chefs religieux  et la rivalité inter- et intra- religieuse ;
  • Mettre à profit  la sagesse des gens éduqués et informés de la VIETE  pour réduire au silence ceux qui cherchent ou détiennent  le pouvoir religieux ;
  • Embarrasser les chefs religieux et leurs ouailles en prônant les valeurs justes fondées sur la VIETE ;
  • Faire sentir aux politiciens et aux dirigeants la signification et l’importance de la VIETE dans le fonctionnement des institutions ;
  • Réviser les livres sacrés en  tenant compte des chartes de l’ONU, les connaissances scientifique, sociologique, écologique, philosophique et psychologique.

4.9 Quotient Spirituel (QS)

Depuis longtemps,  psychologues et pédagogues ont mis en place un large  éventail de tests pour mesurer l’intelligence des humains et des animaux. La capacité d’exécuter certaines fonctions, pratiques et théoriques, est indiquée avec un quotient intellectuel (QI), le chiffre cent étant une moyenne statistique. Plus récemment, les capteurs électroniques nous ont permis de voir les réflexes cérébraux  déclenchés par les émotions et de chiffrer le Quotient Emotionnel (QE).   L’image de Dieu sous la forme du Flux (VIETE) et son rapport direct avec les humains peut aider à trouver des paramètres pour concevoir des tests afin de déterminer le Quotient Spirituel (QS). Le test mesurerait  la  connaissance et la performance d’une personne par rapport aux éléments écologiques, par exemple, et indiquer ainsi sa proximité au Flux (la Réalité, Dieu). En parallèle on pourrait capter électroniquement l’ampleur de la « zone bleue » du cerveau  et la comparer avec la « zone bleue » d’un moine bouddhiste en méditation, ou la moyenne chez les hommes et les femmes ou chez les enfants et les adultes.

Remarques:

  • Je viens de terminer la lecture du livre récemment publié de Richard Dawkins intitulé "The God Delusion"(Bantam Press, 2006). C'est un travail imposant qui articule clairement, avec un raisonnement scientifique et socio-historique, les raisons pour lesquelles le Dieu traditionnel surnaturel n'a pas été capable de résoudre de manière acceptable les problèmes de ce monde et de répondre aux besoins humains, spirituels et autres. Chacun devrait le lire. Dans cet exposé, ma pensée s'aligne parfaitement sur celle de l'auteur. Manifestement, l'évolution a inspiré l'idée de Flux, rendant plus aisée ma tâche de donner une image de Dieu. Mon exposé forme une suite logique soulignant ce que Dieu aurait dû être, ce qu'il est à présent et ce qu'il devrait être dans le futur, parce que nous le connaissons désormais mieux que jamais au travers d'un nouveau type de sages comme Dawkins.
  • Les Religos prétendent que Dieu est mort pour enlever les péchés humains. C’est un mensonge pour dissimuler la réalité. Ce sont les humains qui l’ont tué. Le film documentaire de Guggenheim avec Al Gore, « Une vérité qui dérange », montre que Dieu n’est pas encore tout à fait mort ; les humains sont en train de le torturer. Espérons qu’on le sauvera. Il est triste de voir que les Religos ne contribuent que très peu dans cet effort.
  • Dieu existe-t-il ? Lisez « L’esprit de l’athéisme – Introduction à une spiritualité sans Dieu » par André Comte-Sponville; (Albin Michel, 2006)

Remerciements : Ma fille Upi et son mari Marcin (Californie) ont développé ce site Internet et a corrigé les textes anglais et français. Je lui suis extrêmement reconnaissant pour tout le travail qu’elle a fourni avec amour.  Ma petite fille Maneka m’a aidé à informatiser les illustrations. A Genève, je remercie ma fille Amita et son mari Yaniss pour leur précieuse aide lors de la correction du texte français et pour leur soutien moral.